193

Mardi 01 juin 1999
  • Présents : Tristan Bastit, Jacques Carelman, Thieri Foulc, Jack Vanarsky.
    Après déjeuner : Jean Dewasne.
  • Invitée (14 h 30) : Isabelle Dubosc


Inhabituellement tenue un mardi, la 193ème séance de l'Oupeinpo commence par une surhabituelle abondance de propositions extérieures & d'informations y relatives.

Saragosse - jc donne lecture d'un courrier officiel confirmant l'invitation à présenter une exposition en cette ville, dans deux ans. On traduit : 2001, l'odyssée de l'Espagne. JC & JV, en raison de leurs respectives hispanophonie & hispanophilie, sont désignés comme cocommissaires.

jv agite plusieurs autres projets de manifestations oupeinpiennes'fort prometteurs. Il est dûment encouragé à encourager ses interlocuteurs & à poursuivre les contacts.

L'ou-x-pompidou (suite 1). Pour avoir enfreint le tabou monnaliste en déclamant sous le Tipi les vers de Stanley Chapman présentant l'Oupeinpo, Milie von Bariter a spontanément adressé à JC un envoi fort délicat, réglant la pénalité apotropaïque d'usage.

L'ou-x-pompidou (suite 2). Pierre David a adressé aux oupeinpiens de sa connaissance le dernier volume des éditions Le Revolverdre, oulipopiennement consacré aux adverbes de manière dans le premier tome de Fantômas, avec un projet de mise en couleur par l'Oupeinpo.

l'ou-x-pompidou (suite 3). un numéro des Cahiers du Laboratoire d'inventions scientifiques (CALIS) a été consacré aux Ou-X-Po. Hervé L. Moritz, ingénieur en chef du Laboratoire, en a aimablement adressé un exemplaire à l'Oupeinpo.

L'ou-x-pompidou (suite ?). Thf émet le voeu qu'une nouvelle séance commune des Ou-X-Po soit organisée, pour un public éventuellement moins large mais en vue d'aboutir à une publication collective.



Pour des raisons non consignées dans les registres la conversation du déjeuner roule à grande vitesse sur des sujets peu apéritifs : la vulgarité & ses parangons : Gustave Doré, Walt Disney. Timides (& infructueux) essais de défense paradoxale. Sauvetage in extremis (& non unanime) de Benjamin Rabier & de Granville. Il pleut des jugements de valeur. Débordement de la Fontaine aux roses. Quand vient le moment des douceurs, pourtant, c'est La Fontaine qui apaise les esprits, La Fontaine qu'illustrèrent non seulement quelques-uns des répugnants susnommés mais aussi l'élégant Oudry, le charmant Chagall & le rébussifique Carelman. Hypothèse de livres délibérément hors sujet par rapport au texte : Sade illustré par des outils (réalisé par JC), La Fontaine en roman-photo, avec des acteurs non animaux (proposition ThF).



Bataille définitionnele. Isabelle Dubosc, ayant adressé à l'Oupeinpo le texte d'un entretien sur la Contrainte accordé par elle à Ziya Aydin, a été invitée à le commenter en séance. Une première bataille oppose (ou plutôt anime) les participants sur la définition même de la Contrainte.
JD oppose la Règle (définie définitivement) et la Contrainte (qui se définit tandis qu'elle est mise en oeuvre). ThF, qui, depuis dix-huit ans, voyait les choses autrement, dresse l'oreille. TB prolonge cette opposition par celle de l'Académisme, qui procède de la Règle & produit de l'attendu, & de l'Impertinence, qui procède de la Contrainte & produit de l'inattendu. Dans cette perspective, la Contrainte serait mère d'Aventure. JD nomme Christophe Colomb oupeinpien par anticipation (comme chacun sait, il n'est nul besoin d'être peintre pour être oupeinpien). JV précise : l'oupeinpien, qui se gouverne à la Contrainte, part d'un port connu, dans une direction connue, mais il débarque en plein inconnu.
A cet instant (15 h 20), tout le monde est d'accord. ID a enfin pu doubler le cap de son titre, première ligne de la première page d'un exposé qui comporte onze pages (outre les 25 contraintes molles qu'elle a apportées en prime).

Isabelle dubosc
fonce alors vers le large. Elle parvient à catégoriser coup sur coup trois aspects dans les contraintes :
1/ l'excès quantitatif sur une contrainte unique (cf. Perec). La notion d'excès doit évidemment être ici lessivée de la péjoration qu'y attache le commun. Il s'agit d'un emploi surabondant par rapport à la médiocrité générale ;
2/ le mixage de plusieurs domaines (mathématiques + images, par exemple);
3/ les contraintes cocasses (comme certaines contraintes de temps).
ID réussit encore à exposer sa contrainte de remplissage de l'espace peint à l'aide de représentattions de corps humains (dans la classique opposition de la figure et du fond, ce dernier tend ici vers zéro).

La bataille du progrès - On en vient alors à une question imprudente posée par Ziya Aydin : "Considèrez-vous que toutes les contraintes précises sont des contraintes débouchant sur un progrès esthétique ?"
La notion de "progrès esthétique" suscite des réactions violentes. "Il n'y a pas de progrès en art !" s'exclame JC. "Et pourtant... suggère JD, entre une icône et un Giotto... "
"On peut scientifiquement mesurer toutes sortes de progrès selon toutes sortes d'axes critériologiques" glapit ThF. Une heure plus tard, cette question de cours si rancie que l'on n'ose même plus la proposer aux candidats bacheliers, n'est toujours pas résolue. L'assemblée se débande. L'étude des neufs pages suivantes & des vingt-cinq contraintes molles est remise à date ultérieure. On en donne toutefois des exemples dans les pavés colorés qui se manifestent (sous) dans cette p(l)age.



le portrait de christophe colomb obtenu par la méthode des racines. Alors même que JD soulignais le paradigme de la contrainte ou-X-pienne dans l'utilisation heuristique de la boussole par le navigateur (qui ne sait pas où il va mais sait très bien ce qu'il fait), TB montrait le processus de construction du portrait probable de Christophe Colomb. Comme on peut le voir sur le shéma çi-dessus, il résulte de la réduction de deux lots d'images selon la succession 4 - 2 - 1 où l'oupeinpiste voit la réitération d'une extraction de racine.



Bulletin apériodique de l'Ouvroir de Peinture Potentielle
Rédacteur pour ce numéro : Théri Foulc